Mardi 28 avril 2009
2
28
/04
/2009
19:29
Bonjour à tous,
Je sors d’une phase un peu difficile car après avoir fait mes premiers pas, j’ai eu un petit coup de moral à zéro et toujours cet énorme stress de ne plus progresser.
C’est ce qui me hante … c ‘est tout à fait normal.
Imaginez que vous vous mettez
comme objectif de gravir une montagne gigantesque, que ça vous prend un an et une fois que vous arrivez en haut et que vous croyez pouvoir planter votre drapeau, et bien une deuxième montagne 10
fois plus haute se dresse devant vous. J’ai eu contact avec un vieil ami qui m’a bien recadré, et qui m’a conseillé de me refixer immédiatement un nouvel objectif : c’est chose faite et je
vais mieux !
Mon objectif est d’avoir une marche fonctionnelle comme un ami que j’ai rencontré dernièrement qui est tétraplégique et qui remarche !
j’échange beaucoup avec lui et cela me fait du bien.
Depuis que j’ai fait mes premiers pas les gens me disent ça y est tu
marches.
Non, je ne marche pas.
Je me lève, je fais des petits pas, c’est génial, c’est fantastique, l’action est symbolique comme les
premiers pas sur la lune, mais ce n’est pas parce que l’homme y a fait ses premiers pas qu’il la maîtrise
et qu’il y habite …
Je reste également convaincu que je dois progresser mentalement, philosophiquement, en même temps
que ma rééducation : l’un ne va pas sans l’autre.
Si c’est pour remarcher et avoir la même vie qu’auparavant, je crois qu’il n’y a aucun intérêt …
Je suis convaincu qu’à l’époque que je partais dans la mauvaise direction et que j’ai besoin de
temps pour cheminer.
La vie est un long chemin d’apprentissage …
Je travaille beaucoup le mental, ça m’aide à progresser et j’essaye, un peu comme un jardinier qui planterait des graines, et bien moi je sème des cellules souches dans
mon corps et dans ma moelle pour qu’elles repoussent et se
démultiplient, et qu’elles m’aident à faire revivre les connexions qui ont été élaguées lors de cet impact violent.
Je fais toujours des progrès, je suis maintenant aidé par une suspension qui mesure 20 m le long et si je tombe, je suis retenu par un harnais
ce qui me permet de marcher de manière plus sécurisée sans avoir peur puisque la peur est un de mes gros handicaps. C’est vraiment super !
Je viens de faire un exploit vendredi : j’ai réussi à faire mon premier tour de couloir tout seul (juste un kyné de chaque côté au cas où
je chute mais sans canne, sans rien) : ça fait 80 mètres et nous sommes mardi, je suis encore épuisé.
J’ai fait pas mal de petits films et je pense qu’on vous mettra une vidéo prochainement.
Un petit mot également pour Sophie qui est très fatiguée en ce moment et qui en prend plein la tête depuis un an : imaginez-vous à sa
place…
Je vous embrasse tous bien fort et vous dis à bientôt.
Vincent.